Une installation biologique et lumineuse
Biocosmi Filuminis naît à l'intersection de deux aventures parallèles.
D'un côté, la mission spatiale de Raphaël Liégeois, astronaute et neuroscientifique belge sélectionné par l'ESA en 2022, prévue pour l'automne 2027. De l'autre, une découverte scientifique troublante : les réseaux formés par le Physarum polycephalum, organisme unicellulaire surnommé le blob, sont structurellement identiques aux filaments de la toile cosmique qui relient les amas galactiques à travers l'univers observable. Deux échelles séparées par des milliards d'années-lumière, un seul et même dessin.
Dans le cadre de sa mission, Raphaël Liégeois emportera un Physarum dans l'espace pour une expérience en partenariat avec l'Université de Namur. L'œuvre au sol et l'expérience en orbite partageront le même organisme vivant — un fil biologique tendu entre la Terre et l'espace.
Biocosmi Filuminis est la réponse artistique à cette coïncidence extraordinaire.
Le flux filamentaire du cosmos vivant. Les veines du blob qui pulsent toutes les deux minutes. Les filaments de matière sombre qui relient les galaxies. Le sang de la Terre dans un corps unicellulaire géant.
Un titre forgé comme on forge un néologisme scientifique, pour nommer ce qui n'avait pas encore de nom. Un seul titre. Trois réalités superposées.
« Ce qui m'a fasciné dès le départ, c'est une image. Deux photographies côte à côte : d'un côté, le réseau de veines d'un Physarum polycephalum photographié en macro sur un substrat gélosé. De l'autre, une simulation de la toile cosmique. Les deux images sont presque indiscernables. »
Ce n'est pas une métaphore. C'est une convergence structurelle documentée scientifiquement. La vie, à son échelle microscopique, a trouvé la même solution d'optimisation des flux que l'univers à son échelle la plus large. Deux systèmes qui n'ont rien en commun cherchent à résoudre le même problème, comment faire circuler de l'énergie de manière efficace, et arrivent exactement au même dessin.
« Face à ça, je n'ai pas voulu faire une illustration. Je voulais que l'organisme soit là, présent, vivant, et que la lumière passe à travers lui pour révéler ce dessin au plafond. Pas une simulation. Pas une reproduction. Le vivant lui-même, projeté. »
J'ai aussi voulu une œuvre sur la conquête et sur la limite. Le Physarum conquiert tout l'espace disponible. Il s'étend, ramifie, optimise, explore. Puis il s'arrête. Quand les ressources sont épuisées et que l'espace est saturé, il sporule, se contracte, entre en dormance.
Cette finitude dit quelque chose que nous ne voulons pas toujours entendre : nous ne pouvons pas survivre hors de notre substrat gélosé. Notre boîte de Petri, c'est la Terre. La surexploitation de nos ressources, le réchauffement climatique, l'effondrement du vivant — tout cela est inscrit dans la biologie du blob. Il ne condamne pas. Il montre, simplement, ce qui arrive quand un organisme intelligent et curieux dépasse les limites de son milieu.
« C'est la seule technologie que j'ai voulu utiliser : la transparence du vivant face à la lumière. Une lampe en dessous. L'organisme au-dessus. Le plafond comme écran. Rien d'autre. »
Ni animal, ni végétal, ni champignon — une quatrième catégorie du vivant.
Le Physarum polycephalum est un myxomycète. Organisme unicellulaire géant, une seule cellule peut atteindre plusieurs mètres carrés.
Dans les deux cas, blob et toile cosmique, on retrouve des nœuds connectés par des filaments, une optimisation dynamique des flux, une structure qui s'adapte aux ressources disponibles. Deux systèmes sans aucun lien évolutif ayant convergé vers la même architecture à des échelles séparées par des centaines de millions d'années-lumière.
Le réseau du blob ressemble aussi, de manière frappante, aux réseaux neuronaux du cerveau humain. Ce rapprochement n'est pas accessoire dans ce projet : Raphaël Liégeois est spécialiste de la connectivité fonctionnelle cérébrale. Le blob et le cerveau posent la même question fondamentale — comment l'intelligence émerge sans centre de commande, comment des connexions efficaces naissent de ressources limitées. Une convergence de formes qui traverse les échelles du vivant, du microscopique au cosmique, en passant par la cellule nerveuse.
Le cœur du dispositif est d'une simplicité radicale : un rétroprojecteur scolaire détourné.
Dimensionné pour le headquarter de la mission de Raphaël Liégeois, espace de médiation ouvert pendant toute la durée de la mission. Rétroprojecteur sur socle bas en bois ou métal brossé, substrat 40 x 40 cm, caisson vitré climatisé. Le visiteur découvre l'organisme qui pulse, lève les yeux et voit son empreinte agrandie à l'échelle d'une constellation. Ce mouvement du regard, du microscopique au monumental, est au cœur de l'expérience.
Conçu pour les espaces monumentaux des musées fédéraux belges. Source LED haute puissance, lentille de Fresnel grand format, support motorisé réglable à distance, substrat agrandi jusqu'à 60 x 60 cm. Option superposition cosmique : un second projecteur superpose la cartographie de la toile cosmique sur la projection biologique. Le réseau du blob et celui des galaxies se fondent en une seule image. Musées adaptés : Beaux-Arts, MRAH/Africa Museum, Sciences Naturelles, Musées Royaux d'Art et d'Histoire, BELvue.
À chaque étape, une nouvelle culture est relancée depuis une sclérotie fournie par le partenaire scientifique. Elle reprend vie en quelques heures. Chaque lieu reçoit un organisme né localement, qui grandit selon les contraintes de l'espace. Cette variabilité biologique est une caractéristique de l'œuvre, pas un défaut. Chaque installation est documentée en time-lapse, constituant une archive vivante de l'œuvre.
L'œuvre se déploie dans le temps comme une pièce de théâtre. Sa durée correspond à celle de la mission spatiale de Raphaël Liégeois.
Le Physarum sort de sa forme dormante. Les premiers filaments apparaissent, hésitants, explorant le substrat. La projection au plafond est ténue, presque invisible. L'œuvre murmure.
Expansion visible. Le réseau se densifie, s'organise, optimise ses filaments. La projection gagne en surface chaque semaine. L'œuvre est à son apogée. Le geste de l'astronaute vers l'infini et le geste de l'organisme vers les bords du substrat font écho l'un à l'autre.
Relance depuis sclérotie conservée. L'organisme repart d'un état zéro. Nouveau cycle, nouvelle géographie.
Les cartographies photographiques des cycles précédents sont superposées en transparence sur la projection en cours. L'histoire de l'organisme devient visible. La mémoire du vivant.
Pendant toute la durée de l'installation, un journal du blob est tenu en ligne et sur les réseaux sociaux. Il ne s'agit pas seulement de documenter la croissance de l'organisme, mais de mettre en regard, semaine après semaine, l'état du blob et l'état du monde.
Quand le réseau s'étend et optimise ses filaments — une semaine de nouvelles sur la conquête spatiale, les découvertes scientifiques, l'exploration humaine. Quand le blob ralentit et se rétracte faute de ressources — une semaine de nouvelles sur les limites planétaires, le réchauffement, l'épuisement des sols. Quand il renaît de sa sclérotie — une semaine de nouvelles sur la résilience, l'adaptation, les alternatives.
Ce journal transforme l'œuvre en outil de lecture du monde. Le blob devient un révélateur, un miroir biologique de l'actualité. Sa temporalité lente, ses cycles inexorables, contrastent avec la vitesse de l'information et obligent à regarder autrement.
Neuroscientifique et astronaute belge sélectionné par l'ESA en 2022, Raphaël Liégeois partira à bord de la Station spatiale internationale à l'automne 2027. Spécialisé dans les réseaux cérébraux et la connectivité fonctionnelle du cerveau, il incarne précisément l'intersection entre science des réseaux et exploration de l'inconnu.
Le lien entre le Physarum et la neurologie n'est pas accessoire. Le blob et le cerveau forment tous deux des réseaux optimaux à partir de ressources limitées, en éliminant les connexions inutiles et en renforçant les chemins efficients. Ils posent la même question fondamentale : comment le vivant crée-t-il de l'intelligence sans centre de commande ?
Dans le cadre de sa mission, le Physarum polycephalum partira avec lui dans l'espace, en partenariat avec l'Université de Namur. L'organisme qui croît au sol dans l'installation et celui qui voyagera en orbite sont issus de la même souche. Ce lien n'est pas symbolique : c'est littéralement le même être vivant, séparé en deux.
Expertise sur le Physarum, protocole de culture et de relance depuis sclérotie. Convention in-kind ou honoraires. Ancrage scientifique rigoureux sur la durée.
Musées Royaux des Beaux-Arts, MRAH, Musée des Sciences Naturelles, Musées Royaux d'Art et d'Histoire.
BELSPO coordonne la participation belge à l'ESA. La mission Liégeois constitue le contexte naturel et le point de départ symbolique de l'œuvre.
Volet culture scientifique et médiation des savoirs, en lien avec le partenariat UNamur et la dimension pédagogique de l'installation.
| Acquisition et modification du rétroprojecteur (LED froide, optique) | 500 – 900 € |
| Caisson vitré, module Peltier, humidificateur, hygromètre | 2 000 – 4 000 € |
| Matériel biologique, agar-agar, protocole de culture sur 12 mois | 800 – 1 500 € |
| Partenariat scientifique UNamur (in-kind ou honoraires) | 1 500 – 3 000 € |
| Honoraires de création artistique (conception, installation, suivi annuel) | 5 000 – 8 000 € |
| Webcams, hébergement, time-lapses, communication | 800 – 1 500 € |
| Kits blob (lot de 100, conditionnement, notice illustrée) | 500 – 1 000 € |
| Total Scénario A | 11 000 – 20 000 € |
| Base Scénario A | 11 000 – 20 000 € |
| Surcoût optique (lentille grand format, LED renforcée, support motorisé) | 2 000 – 4 000 € |
| Surcoût structure (caisson et socle adaptés aux contraintes muséales) | 1 200 – 2 500 € |
| Option superposition cosmique (second projecteur et contenus) | 1 000 – 2 500 € |
| Total Scénario B | 15 000 – 27 000 € |
| Base Scénario B | 15 000 – 27 000 € |
| Modules supplémentaires (1 à 2 caissons additionnels) | 4 000 – 8 000 € |
| Transport et montage/démontage par site | 2 000 – 4 000 € |
| Relances biologiques depuis sclérotie et kits par site | 800 – 1 500 € |
| Documentation, médiation scientifique par site | 1 500 – 2 500 € |
| Honoraires artiste pour suivi de l'itinérance | 2 500 – 4 000 € |
| Total Scénario C | 24 000 – 44 000 € |
Montants indicatifs, susceptibles d'évoluer selon les spécifications de chaque lieu d'accueil.
Le projet bénéficie d'un ancrage naturel dans deux univers médiatiques distincts — la presse scientifique et la presse culturelle — ce qui ouvre des possibilités rarement accessibles à une œuvre d'art contemporain.
Publication progressive sur les réseaux sociaux de contenus scientifiques et visuels autour du Physarum : time-lapses de croissance, comparatifs blob/toile cosmique/réseau neuronal, extraits de la note d'intention.
Lancement officiel, en lien avec la communication autour de la mission Liégeois. Invitations ciblées : presse scientifique (Science et Vie, Pour la Science, médias FNRS, RTBF sciences), presse culturelle, blogueurs nature et science.
Publication hebdomadaire mettant en regard l'état du blob et l'actualité du monde. Flux webcam en ligne, time-lapses. Chaque acte de la dramaturgie fait l'objet d'un communiqué spécifique. Le kit blob génère une communauté de pratique et des contenus partagés par les participants.
Biocosmi Filuminis est sa première œuvre d'art contemporain autonome.
Conception du projet. Premières présentations et premières cultures test du Physarum.
Mise au point du dispositif optique et thermique. Prototypage du caisson. Validation du protocole biologique avec l'UNamur.
Teasing numérique. Lancement de la communication sur les réseaux. Fabrication du dispositif définitif.
Tests grandeur nature. Validation du protocole de relance. Production des kits blob. Préparation de la médiation scientifique.
Conférence de presse. Lancement officiel en lien avec la communication autour de la mission. Activation des webcams.
Activation publique, synchronisée avec le départ de la mission. L'œuvre et l'astronaute débutent leur aventure au même moment.
Déclinaisons muséales. Documentation et archive de l'œuvre sur sa durée totale.
Pour toute demande de présentation, collaboration ou information complémentaire sur Biocosmi Filuminis, contacter directement l'artiste.
Le dossier complet, incluant les références scientifiques, le protocole biologique détaillé et les études de faisabilité technique, est disponible sur demande.